POUGY Liane de, lettre passionnante

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Description

POUGY (Anne-Marie Chassaigne, diteLiane de).
Née à La Flèche (Sarthe).

1869-1950.
Danseuse, courtisane de la Belle Époque. Romancière.

Une des « Reines de Paris », rivale de la Belle Otero.

Lettre Autographe Signée « Eva » à Salomon Reinach.

Le Clos Marie, Roscoff, 20 juin 1923.
1 page 3/4 in-folio sur papier à carreaux.

 

Passionnante lettre à l’intellectuel Salomon Reinach écrite depuis sa retraite bretonne, dans laquelle Liane de Pougy évoque ses fameux « Cahiers bleus », ses relations mondaines, l’écrivaine Colette, etc.

 

...Votre lettre est presque flatteuse pour moi, sinon pour Madame de Lamballe ! J’évoque souvent le passé dans mes cahiers bleus, mais le présent ne manque pas d’intérêt. D’abord ce qui peut se passer, puis les livres, puis vous, Natalie, Allégresse [son amie américaine Natalie Clifford-Barney « L’Amazone », et lisabeth de Gramont, duchesse de Clermont Tonnerre, surnommée « la duchesse Allégresse »] et quelques autres et moi-même, mes sentiments et sensations, etc…Dans le Midi, j’ai vu Mme de B(rimont), Milosz-Prozor, Mme Henri Rochefort, Jean de Bonnefon – Mireille Havet, Mme Garros, la Comtesse de Comminges, les Frondaie, Lewis, le comte Jacques de Maleyssie, poète, etc. Madame Diehl, Chenal et d’autres. Chaque être est un monde… et combien sont intéressants. Liliom, que l’on joue en ce moment, a été traduit par la Ctesse de Comminges, à laquelle votre Colette a brisé le cœur et la vie autrefois en lui faisant mille amitiés et plus,tandis qu’elle lui prenait son amant : Jouvenel – dont elle avait un fils…Elle est charmante cette Iza de Comminges, spirituelle, cultivée, le nez busqué et une allure que Colette aurait certes voulu lui prendre si elle avait pu !...[Colette lui « prit » en tous cas non rien que son amant en titre, Henri de Jouvenel, qu’elle épousa].

Vous avez une drôle de manière de dépeindre l’amour… L’amour est un jet d’eau, il s’élance, et lorsqu’il retombe, c’est la fin de l’amour mais c’est de l’amour tout de même. Rien ne peut le soutenir, ni le rebuter lorsqu’il est là, il est làet c’est tout ! Le reste, parlé ou raisonné et « qui a besoin de se soutenir en ses défaillances » ce n’est plus de l’amour, c’est de la tendresse, de l’affection, de l’amitié, un doux intérêt. L’amour est une fièvre, un délire, une idée fixe, un mal et le plus grand des biens – Un stupéfiant, un coup de foudre, le chaud et le froid, le bonheur et la douleur… on est évadé de la prison de soi-même pour vivre en l’autre. On n’en finirait pas sur ce thème et me voici au bout de mon papier tandis que vous êtes, peut-être, vous-même au bout de votre patience !...

Mariée à 16 ans, courtisane à la fin de la belle époque, aux amours saphiques, Liane de Pougy épousa en secondes noces Georges Ghika, Prince de Roumanie et devint la Princesse Ghika. Elle écrivit plusieurs romans inspirés de sa propre vie, notamment "Idylle saphique" qui raconte sa relation avec la jeune américaine Natalie Clifford-Barney. Après la mort de son mari en 1946, elle termine sa vie comme sœur sous le nom de Sœur Madeleine de la Repentance, dans un couvent dominicain.

Liée à différentes personnalités, du théâtre comme Sarah Bernhardt ou Henri Meilhac qui la lança aux Folies Bergères, des lettres comme le scandaleux Jean Lorrain, elle reçoit dans sa maison de Roscoff (achetée en 1903), notamment Max Jacob, ou dans son hôtel particulier de la rue de la Néva. Parmi ses adorateurs on comptait le neveu de Mac-Mahon, Charles de Mac-Mahon, le comte Roman Potocki, le jeune Maurice de Rothschild, Reynaldo Hahn, les peintres Antonio de La Gandara et Paul Helleu, le jeune Marcel Proust qui donna à Odette de Crécyquelques traits de la courtisane.

Sur les encouragements de ses amis, notamment de Salomon Reinach, Liane tint un journal qui sera publié de manière posthume (en 1977), sous le titre « Mes Cahiers bleus », chroniques d’une vie de l’entre-deux-guerres mêlés à des souvenirs de la Belle Époque. Elle y fait largement allusion dans cette lettre « ...J’écris dans le cahier bleu– cela m’occupe et me ramène près de vous tous qui m’êtes chers et que j’ai laissés loin de moi (...). Mon ami, je vous écris ceci et je me livre, je vous écris ceci, alors mon cahier bleu restera intact demain... ».

Salomon Reinach (1858-1932). Intellectuel polymorphe, agrégé de grammaire, il fut conservateur au Musée de Saint-Germain-en-Laye, sa ville natale, ainsi que professeur à l’École du Louvre. L’œuvre de Salomon Reinach, forte de 80 volumes et de plus de 7000 articles, témoigne de sa grande érudition. Il s’intéressa à la religion, l’archéologie, l’anthropologie, la philosophie, la philologie, etc.

 

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