FARGUE Léon-Paul, "Noël secret"

Très beau texte sur Noël publié dans « Déjeuners de soleil », recueil de chroniques paru en 1942.

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Description

FARGUE (Léon-Paul). Né à Paris. 1876-1947. Poète.

M.A.S. « Léon Paul Fargue, de l’Académie Mallarmé », intitulé « Noël secret ». S.l.n.d. 5 pp. 1/4 in-folio. 

Fargue livre un très beau texte sur Noël publié dans « Déjeuners de soleil », recueil de chroniques paru en 1942.

...Les grands magasins et les boutiques, le long des derniers jours de cet obscur Décembre, ne renoncent pas à ressembler à des jardins et à des théâtres. Mais ce sont des jardins secrets, ce sont là des théâtres d’ombres… Et le Père Noël, beau comme son arbre, nous a fait penser aux vieillards que nous avons tendrement aimés...

L’arbre de Noël est encore au fond de toutes les sensibilités. J’ai fait mon tour dans son domaine. La musique de Ravel chantonnait dans mon cœur [le Noël des Jouets, de Maurice Ravel, mélodie pour voix et piano, 1905]. Combien les jouets gouvernent encore tout ce qui peut nous plaire ! À tel point que les éléments du chapitre cadeaux copient le jouet ou le suggèrent. De là vient le plaisir particulier que l’on éprouve à acheter un agenda, un cendrier, une carafe, ou une valise, en ce début d’hiver sans voyages

Les jouets, ce sont les ténors, les grands champions de la troupe des objets usuels, qui brillent, mais dans une lumière de veilleuse. Et c’est à des hublots qu’apparaissent timidement leurs sourires et leurs grimaces, leurs couleurs et leurs attitudes...

Voici, comme naguère, pour ceux qui ne parlent pas encore, les éléphants sur roues caoutchoutées, les agneaux de peluche portant le Grand Cordon de la Toison d’Or, les chats diaboliques, les poussins, les canards semblables à des œufs à la neige montés sur chariot, les ours socratiques, dieux des berceaux…

Cherchons les poupées, en tenant par la main nos filles et nos nièces. Eh bien ! Paris fait toujours des miracles. Paris, qui aime les femmes, les chevelures, les parfums, les rubans, continue d’exceller dans les tendres poupées qui ont, comme on dit, des yeux dormeurs à cils, des robes charmantes, et qui envoient des baisers et font des gestes qui rappellent l’avenue du Bois de jadis… Des femmes déjà, qu’elles soient faites de porcelaine, de stuc ou de tissu serré. Nombreuses sont celles qui portent le costume de leur province (...). Y a-t-il encore des soldats de plomb ? Des panoplies pour petits hommes ? Comment donc ! Et il faut le dire, mélancoliquement, mais carrément ! C’est le costume militaire qui domine. Mais n’est-il pas clair qu’une armée, qu’un sursaut de la civilisation, que des crises de toutes sortes se prolongent dans les jouets ? Tant de casques, de carabines à air comprimé, de revolvers, de jumelles et de sabres disent assez que le monde était sur les dents. À ce monde, astiqué et violent, il faut souhaiter que l’année nouvelle soit salutaire et généreuse, et que toute idée de guerre retombe exténuée dans l’univers raffiné des jouets où les flammes sont remplacées par des cheveux d’ange

Arrêtons nous maintenant ensemble devant les parcs de matériel, et poussons avec les enfants qui se balancent à nos basques, un long cri d’admiration ! Je rêve d’être assez petit pour me glisser dans cette miniature de train de luxe, exécuté d’après les prototypes, éclairé électriquement. Que d’images ne vient-il pas développer dans l’âme frêle des gosses, comme dans l’âme nostalgique des grandes personnes ! Quels espoirs de voyages paisibles ne leur apporte t-il pas !

Les fabricants pensent sans doute que les enfants sont vieux, pensent qu’ils durent avec nous depuis longtemps, et qu’il faut renouveler le jouet comme on renouvelle la Science ou le Spectacle. On s’évertue à les éduquer, à les tenter par des trouvailles de plus en plus actuelles. Un jour, nous aborderons, vers la Noël, la télévision, l’ectoplasme, l’ultra-microscope, le radium, les pierres précieuses. Telle est la raison de l’intérêt que les parents portent aux jouets de leurs enfants. J’avoue, pour ma part, ne pouvoir m’arracher à ces étalages où sont rassemblés les éléments les plus imprévus et les détails les plus complets du pittoresque technique de ce temps. Locomotives aérodynamiques, gares avec accidents, avions soignés comme des insectes, embarcadères d’aérodromes, funiculaires émouvants comme des sauts de la mort, téléphones, machines à écrire, auto-grues, voiliers, michelines aux couleurs incontestables, camions pétroliers, (hélas) (...). J’ai le sentiment de descendre les escaliers du Dictionnaire, d’être quelque chose comme un valet de trèfle articulé, de me réduire à la taille d’un timbre-poste et de pouvoir me mêler à ce monde enchanté des jouets que notre cœur d’enfant, quelles que soient nos épreuves, désirera toujours...

Ainsi Paris s’enrichit et se gonfle d’un babil de contes de fées qui murmurera pendant quelques semaines à la porte de nos souvenirs...

Je sais bien que Berlin, Nuremberg, New-York, Milan, Moscou, Toronto, Lisbonne ou Vancouver vivent du même cœur les mêmes cérémonies et choisissent des fleurs pour leurs boutonnières. Mais je trouve, dans les démonstrations actuelles, resserrées, du jouet de Paris, l’intimité, la douceur secrète d’une famille qui se regroupe autour de l’espérance...

Élève de Mallarmé au lycée Rollin, puis de Bergson en khâgne au lycée Henri IV, Léon-Paul Fargue se tourne vers la littérature et fréquente assidument les « Mardis » du poète symboliste de la rue de Rome, où il fait la rencontre notamment de Marcel Schwob, Paul Valéry et Francis Viélé-Griffin.

Il publie son premier recueil de poésies « Tancrède » en 1895, dans la revue Pan.

L'importance de Léon-Paul Fargue ne se limita pas aux seules qualités de son œuvre. Il occupa, dans la société littéraire du début du XXe siècle, une position exceptionnelle. Brillant causeur, mondain impénitent, il est le compagnon de nombreux peintres, écrivains et musiciens, dont Ravel qui occupa une place de choix dans ses amitiés au long cours.

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