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MAURIAC au père dominicain Jacques Laval, 20 novembre 1936.

Superbe lettre de Mauriac adressée au tout jeune Jacques Laval à l’aube de son engagement sacerdotal.

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Description

MAURIAC (François). Né à Bordeaux. 1885-1970. Prix Nobel de Littérature en 1952.

L.A.S. « François Mauriac » à « Cher ami » [le père dominicain Jacques Laval].

S.l., 20 novembre 1936. 2 pages in-folio.

Réf. G 4501

 

 

Superbe lettre de Mauriac adressée au tout jeune Jacques Laval à l’aube de son engagement sacerdotal

 

…Je ne crois pas qu’il y ait un accord possible entre les exigences du sacerdoce et la liberté sacrée et terrible de l’écrivain... commence Mauriac, il enchaîne : ...Mais cela ne compte guère au prix de cette souffrance dont votre dernier petit mot témoigne. Je n’ose rien vous dire, n’étant pas sur place ; je n’ose aller contre la direction que vous subissez et que je n’ai pas lieu de croire en défaut. Étant l’être que je connais, je persiste à craindre que cette précipitation ne soit funeste... Je ne doute pas de votre vocation, mais cette méthode qui consiste à mettre l’irréparable dans une jeune vie... J’ai des raisons de m’en méfier, car je ne suis pas arrivé à mon âge sans en avoir connu les fruits... Une nature aussi tendre, aussi frémissante que la vôtre réclamerait, il me semble, un autre traitement. Dieu veuille que je me trompe...

En tous cas, il me paraît bien léger d’identifier la résistance de votre jeunesse et de votre cœur avec l’action démoniaque. Parce que le christianisme est la vérité, c’est une insulte à la vérité que d’y mêler le moindre mensonge. Le raidissement, le refus de tout l’être devant le sacrifice immense exigé par le sacerdoce, quand il s’agit d’un garçon aussi sensible et aussi passionné et aussi tendre que vous l’êtes, je ne le considère pas comme une tentation, mais comme une indication, non certes dans le sens du refus (car votre amour du Christ est le signe des signes...) mais dans celui de l’attente, de la retraite et du silence... Je frémis de penser que Lamennais au moment de monter à l’autel employait presque mot pour mot les mêmes expressions que vous... Et bien, non ! Il faut y monter dans la joie, dans la douleur aussi de l’arrachement, puisque la certitude et la joie l’emportent. Ce sont des épousailles, des noces éternelles...

Ce que vous rejetez du monde n’est pas le mal : un garçon de 20 ans a le droit de désirer de vivre, d’aimer, de n’être pas seul au monde. Le démon n’a rien à voir dans cette exigence de votre cœur...

Attendez, je vous en supplie... Prenez votre temps... La vie est longue, la vie solitaire du prêtre : vous n’êtes pas à une année près... Rien n’est organisé pour vous ; c’est un signe cela aussi que vous n’apercevez pas encore la forme de votre apostolat...

Je pense qu’il est de mon devoir de vous dire le fond de ma pensée. Déchirez cette lettre et oubliez la si vous croyez, au pied de la croix et devant le tabernacle que je me trompe...

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