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STRAVINSKY Igor, compositeur russe. Lettre autographe (G 4908)

Stravinsky confie sa détresse à Misia Sert

3 800,00 €
Autographe disponible à la vente
Description

STRAVINSKY (Igor Fiodorovitch). 

Né à Oranienbaum (Russie). 1882-1971.

Compositeur russe naturalisé français, puis américain (mort à New-York).

Lettre Autographe Signée « Strawinsky » à « Ma chère Missia » [Misia ou Missia Sert, l’épouse du peintre catalan José Maria Sert].

Morges (Suisse), 8 janvier 1918. 1 page 1/4 in-folio.

Ancienne collection Alfred Cortot

…Il m’est très pénible de vous parler de tous les malheurs (que vous savez) qui nous ont frappé cette affreuse année et maintenant cette horrible humiliation que nous subissons, et il faut qu’à tout cela s’ajoute encore le manque absolu d’argent et l’impossibilité absolu de s’en procurer.Depuis le mois de juillet pas un centime de Diaghilev(qui me doit trente mille francs et qui lui-même est dans une situation critique), Madame Errazuriz [mécène chilienne d’origine basque, Eugénia Errazuriz] qui me devait encore mille francs ne m’envoie non plus rien depuis 4 mois.Je ne sais si elle a reçu mon dernier manuscrit de l’« Etude pour Pianola »que je lui ai composé et envoyé par un monsieur qui se rendais à Paris et qui a été forcé de le laisser chez les autorités de la censures douanières. J’ai écris à ce sujet il y a trois semaines à Cortot au Ministère de l’intérieur (Section des Beaux-arts) une lettre recommandée pour lui demander de s’en occuper afin que ce manuscrit soit remis au destinataire (…). Je ne sais vraiment que faire, à qui m’adresser pour avoir de l’argent. Il m’est venu donc cette idée de vous demander s’il vous serait possible de me trouver quelque part de l’argent au titre d’emprunt pour reculer cet affreux spectre de misère qui nous menace. Ma chère, pardonnez moi, si je vous embarrasse avec cette demande (car je suppose que cela peut vous embarasser) ; mais il ne me reste veritablement rien d’autre à faire…Il serait heureux de recevoir rapidement une réponse de sa part, ou mieux encore, un télégramme …Je me sens très abandonné par vous tous...

Depuis septembre 1915, Stravinsky s’était installé à Morges en Suisse, avec toute sa famille (sa femme et ses trois enfants). Il y retrouve quotidiennement l’écrivain vaudois Ramuz, avec lequel il va collaborer pour une œuvre future. « Nous étions parmi les tambours, les timbales, les grosses caisses, toute espèce d’instruments de choc (ou de percussion, qui est le terme officiel), dira Ramuz. À la fin 1917, la révolution russe, fomentée sur cette même rive nord du Léman par les bolcheviks exilés, coupe Stravinsky de son pays et de ses ressources financières. Début 1918, les deux compères, fauchés, imaginent donc de créer ensemble une pièce qui pourrait « se monter sans peine dans n’importe quel local et même en plein air », (Ramuz). Ce sera L’histoire du soldat. 

En attendant, « l’Etude pour pianola » de Stravinsky, une étude expérimentale commandée par la société américaine de pianos mécaniques Aeolian Compagny, basée à New-York et à Londres, avait été achevée l’année qui précède cette lettre, à la fin de 1917. Stravinsky ne fut pas satisfait des propositions contractuelles de la firme Aeolian, qui ne lui versa que 500 francs suisses pour l’étude, s’arrogeant de plus les droits d’auteur. Il ne renouvela pas l’expérience malgré les promesses d’Aeolian d’une collaboration ultérieure en cas de complet succès de l’étude expérimentale. 

Misia SERT, née Marie Godebska à Saint-Pétersbourg en 1872, appartient à une riche famille d’artistes. Mariée à Thadée Natanson en 1893 (à Bruxelles), le fondateur de la mythique « Revue Blanche », elle fréquente le milieu symboliste, les peintres Bonnard, Vuillard, Renoir, Toulouse-Lautrec (qui fit d’elle le sujet de sa célèbre affiche pour la Revue). Intime de Mallarmé, inspiratrice de Proust et de Cocteau, mécène de Diaghilev et des Ballets russes, Misia Sert est l’égérie de la Belle époque. Elle épouse en troisièmes noces le peintre catalan Jose Maria Sert, et reçoit le gotha artistique dans son salon du quai Voltaire à Paris (décoré par Pierre Bonnard).

Le début de la carrière de Stravinsky est intrinsèquement lié à sa rencontre avec Diaghilev, pour lequel il compose la musique de plusieurs des Ballets russes : les trois premiers : « L’Oiseau de Feu », « Petrouchka » et le « Sacre du printemps » (en 1913, avec le danseur Nijinsky), puis, après 1920 « Pulcinella » (dans des décors et costumes de Picasso) et enfin « Les Noces » (1923). 

Avec tout le tact qui la caractérise, Misia Sert apporta un soutien financier à Stravinsky en lui faisant parvenir plusieurs fois de l’argent en prétendant qu’il s’agissait de dons d’une admiratrice anonyme...

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