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DEBUSSY refuse de confier Pelléas à Ysaÿe

Superbe lettre musicale de Claude Debussy au sujet de Pelléas et Mélisande, des Nocturnes (dédicacés à Ysaÿe) et de « la Saulaie » en collaboration avec Pierre Louÿs

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Description

DEBUSSY (Claude).

Né à Saint-Germain-en-Laye. 1862-1918.

Compositeur français.

L.A.S. « Claude Debussy » à « Cher Grand ami » [Eugène Ysaÿe à Bruxelles].


Paris, 10 rue Gustave Doré,13 septembre [octobre] 1896.

3 pages petit in-4. Enveloppe timbrée avec cachets postaux d’octobre 1896.

 

Superbe lettre musicale de Claude Debussy au sujet de Pelléas et Mélisande, des Nocturnes (dédicacés à Ysaÿe) et de « la Saulaie » en collaboration avec Pierre Louÿs

 

Ancienne Collection Alfred Cortot

Debussy se montre infiniment touché de la lettre de son correspondant qui renferme une ...amicale inquiétude pour Pelléas et Mélisande, pauvres petits êtres si difficiles à présenter dans le monde, puisqu’avec un parrain tel que toi, ce monde ne veut pas se laisser convaincre.

Maintenant je vais te présenter modestement les raisons qui me font ne pas être de ton avis au sujet d’une exécution fragmentaire de Pelléas : d’abord si cette œuvre a quelque mérite c’est surtout dans la connexion du mouvement scénique avec le mouvement musical, il est donc évident et indubitable que cette qualité disparaitrait dans une exécution au concert et l’on ne pourrait en vouloir à personne de ne rien comprendre à l’éloquence spéciale des « silences » dont est constellée cette œuvre ; en outre la simplicité des moyens employés ne peuvent raisonnablement acquérir leur véritable signification qu’à la scène, au concert, on me jetterais tout de suite, la richesse américaine de Wagner et j’aurais l’air d’un pauvre homme qui n’a pas le moyen de se payer des « Tubas contre-basse ».

À mon avis, il faut que Pelléas et Mélisande se présentent tels qu’ils sont,et alors ça sera à prendre ou à laisser, et s’il faut combattre cela au moins en auras (sic) valu la peine.

Voici ce que je te propose à la place : il est probable qu’en Décembre j’aurai terminé une chose que j’ai faite sur un poëme de D.G. Rossetti, « la Saulaie », remarque que c’est très important et écrit selon mes dernières expériences sur la chimie musicale, a cela s’ajouterait, 3 nocturnes pour Violon et orchestre écrits pour E. Ysaÿe un homme que j’aime et admire, d’ailleurs ces 3 nocturnes ne peuvent être joués que par lui, Apollon lui-même me les demanderait que je serais obligé de les lui refuser ! Qu’est ce que tu dis de cela ? À propos de la Marche Ecossaise, apprends que j’en ai beaucoup remanié l’orchestre et tu seras gentil en me disant le moment précis ou tu en auras besoin ?

Je pense que « la Saulaie » pourrait être chantée par Demest, bien que ce soit un peu bas et plutôt pour un baryton élevé ; (réponds moi aussi la dessus) j’ai aussi commencé l’orchestration de deux « proses lyriques » dans lesquelles, la jeune cantatrice dont tu m’as parlé, pourrait faire merveille !

Encore une fois, merci de tout mon cœur de tout ton dévouement, d’ailleurs ai-je besoin de te dire tout le prix que j’y attache ?... en p.s. il ajoute en plaisantant sau sujet du poète belge Maeterlinck avec lequel il eut maille à partir au sujet de Pelléas... : ...Je savais que Maeterlinck n’aimait pas la musique mais après tout peut-être qu’il ne s’agit que de la Symphonie Pastorale, ou bien de Sigurd ?...

 

- Pelléas et Mélisande : hors des modes et comme hors du temps, Pelléas et Mélisande de Claude Debussy est une œuvre unique dans l’histoire de l’opéra. Un peu à l’image des personnages qui y évoluent perdus dans les brumes d’un rêve qui se murmure sur des mots doux et allusifs, au rythme d’une musique hypnotique. En composant, comme il l’affirme, « un opéra après Wagner, et non pas d’après Wagner», Debussy suit fidèlement le drame symboliste de Maurice Maeterlinck, qu’il baigne d’une atmosphère sensuelle et onirique, où les inflexions du chant suivent au plus près le débit de la parole et où les interludes symphoniques peignent les beautés du royaume imaginaire d’Allemonde.

Le drame lyrique sera représenté le 30 avril 1902 sur la scène de l’Opéra-Comique, avec à la baguette André Messager, dans le rôle de Mélisandela cantatrice Mary Garden ; le choix de Mary Garden sera à l’origine de la brouille avec Maeterlinck qui voulait pour le rôle imposer à Debussy Georgette Leblanc, la compagne du poète belge.

 

- « La Saulaie » : l’année qui précède (1895), Debussy et Louÿs avaient envisagé plusieurs collaborations dont aucune n’aboutira. Dans cette lettre, Debussy annonce qu’il pense pouvoir terminer « La Saulaie » au mois de décembre ; ce projet qu’il avait imaginé avec son ami poète Pierre Louÿs en mai 1896, d’après un poème de Dante-Gabriel Rossetti, traduit par Louÿs, n’aboutira pas non plus. Ce n’est qu’en 1897 que Debussy compose les Trois Chansons de Bilitissur des textes empruntés à son grand ami Pierre Louÿs.

 

- Les Nocturnes : Ysaÿe fit la connaissance de Debussy par le cercle amical des Chaussonet des Lerolle. En 1893, le quatuor qu’il avait fondé (Quatuor Ysaÿe) créa le Quatuorà cordes en sol mineurde Debussy.

Le compositeur voulut ensuite offrir au violoniste des nocturnes pour violon solo (et orchestre), mais une brouille entre les deux artistes survenue fin 1896, suite à une série de malentendus au sujet de projets de concerts en Belgique, mit fin à la composition des nocturnes ; Debussy en reprit plus tard l’écriture qui déboucha sur l’écriture des Trois nocturnespour orchestre.

 

 

Réf. : Claude Debussy Correspondance (1878-1918), édition établie par François Lesure et Denis Herlin (NRF Gallimard, 2005). 1 volume in-8. N°1896-35 p. 325.

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