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LAMENNAIS, à Schoelcher, 25 mars 1853.

Magnifique lettre sur la situation politique en France

2 200,00 €
Autographe disponible à la vente
Description

LAMENNAIS (Hugues-Félicité Robert de Lamennais).

Né à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). 1782-1854.

Ecrivain et philosophe. Ordonné prêtre en 1816. Fonde avec Montalembert et Lacordaire le journal L’Avenir.

Opposé au pape Grégoire XVI, il vit son journal condamné en 1832.

L.A. à (Victor Schoelcher). Paris, 25 mars 1853. 4 pp. in-8.

 

IMPORTANTE ET BELLE LETTRE SUR LA SITUATION POLITIQUE EN FRANCE À L’ATTENTION DE SON AMI VICTOR SCHOELCHER REFUGIÉ EN ANGLETERRE. APRES LE COUP D'ETAT DE LOUIS-NAPOLEON BONAPARTE (en décembre 1851).

 

Lamennais vient d’achever le livre envoyé par Schœlcher dont il juge la lecture indispensable à la compréhension des événements présents par les générations futures ...Il y a dans l’histoire des peuples des moments horribles dont le souvenir perce comme un stilet (sic). Je ne peux donc qu’applaudir à votre travail, plein d’appréciations justes et de sentiments généreux, lesquels ajoute un nouveau prix aux documents que vous avez rassemblés, et qui prendront place dans l’enquête générale qui se fera lorsque la lumière cessera d’être étouffée et que sera venue l’heure de la justice...

Le penseur ultramontain ne partage cependant pas la mansuétude de Schoelcher ...Je vous trouve, je l’avoue, trop indulgent envers le peuple. Il a trahi, et c’est trahi lui-même bêtement et lâchement, et le pis est qu’il a montré un vice nouveau chez lui, l’hypocrisie ; ce qui me faisait le définir, le P. Roothan en blouse...

Lamennais pense que la corruption a gangrené jusqu’aux associations et corporations qui de plus, s’avèrent se trouver sous le contrôle de la police impériale. En accord avec Schœlcher, il prône ...l’union de la bourgeoisie et du peuple : le salut est là. Unis, ils peuvent tout ; séparés, ils ne peuvent rien ; ensemble, ils forment la nation, et qu’est-ce qu’une nation scindée en deux, une moitié de nation ?D’attachement réel pour la tyrannie, il n’y en a nulle part, au contraire ; mais, selon les positions diverses, des têtes en grand nombre sont encore remplies, les unes d’illusions et d’espérances folles, les autres de folles craintes. Négation radicale du droit, qui est la vie même de la société, le Pouvoir tombera d’autant plus vite qu’il a plus étouffé cette vie. Il a contre lui toutes les forces spirituelles, les vraies forces, celles qui triomphent toujours. Il s’appuie sur trois choses, le prêtre, le soldat et le mouchard ; je ne parle pas de la magistrature, qui n’est qu’une branche de la police. Il sort de là une grande et importante leçon pour l’avenir. Puisse-t-elle n’être pas perdue, comme l’ont été d’autres leçons !

Lamennais livre le constat, limpide pour lui  : ...la bourgeoise préserve ses intérêts, le peuple prend patience ...le sentiment national n’est pas réveillé ; nous sommes, en vérité, descendus bien bas. L’orléanisme domine dans la classe moyenne, et en général parmi les hommes d’argent... Il en appelle au rétablissement d'une vraie République ...le seul gouvernement possible... Je ne pense pas que l’empire puisse, en finances, dépasser 1855, sans recourir à des mesures extrêmes, et prodigieusement dangereuses dès lors. Quant au progrès plus ou moins rapides des opinions hostiles, et quant aux événements du dehors, dont le contre coup pourrait être puissant, on ne saurait rien prévoir ; cela dépend de trop de causes, et de causes trop incertaines. Voilà, très en gros, quel est notre état, du moins tel qu’il m’apparaît. J’indique plus que je n’expose, et surtout plus que je n’explique ; c’est tout ce qu’on peut faire dans une lettre. A vous de cœur, mon ami : courage et foi. Grâce à Dieu nous ne manquons ni de l’un ni de l’autre...

 

On connaît l’engagement républicain de Victor Schœlcher, exilé après le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte en décembre 1851, comme Victor Hugo.

Il vécut un exil de dix neufs ans en Angleterre. Abolitionniste de l’esclavage, opposé à la peine de mort, Victor Schœlcher fut un grand visionnaire et le défenseur de toutes les causes justes et démocratiques.

 

Philosophe chrétien, Lamennais est considéré comme le précurseur du catholicisme libéral et social. Il plaida par l’intermédiaire de son journal l’Avenir pour la liberté de l’enseignement et la séparation de l’Église et de l’État.

En 1848 il se fit élire député de l’Assemblée constituante, mais suite au coup d’État du 2 décembre 1851, il se retira dans sur ses terres en Bretagne.

 

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