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COCTEAU Jean. Manuscrits de poèmes sur la Grande Guerre (Réf. G 5491)

Ce précieux manuscrit de poèmes chargé d’émotion constitue la relation de la terrifiante expérience de la guerre de 1914. 

 

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Référence:
G 5491
Description

COCTEAU (Jean). Né à Maisons-Laffitte. 1889-1963. Poète, dessinateur, scénariste, chorégraphe, dramaturge et cinéaste. Élu à l’Académie française en 1955. Manuscrit Autographe de premier jet comportant de nombreuses corrections et biffures, pour le Discours du grand sommeil, [1916-1918]. 23 pp. in-folio. Numérotation en marge à la mine de plomb sur certains feuillets. 

Réf. G 5491

 

Au commencement de la Grande guerre, Cocteau est assigné au service des ambulanciers auprès d’une unité de fusiliers marins sur le front de Nieuport en Belgique. Il passe tout l’hiver 1915 et le début de l’année 1916 dans la région de l’Yser où il vivra une expérience traumatisante qui conditionnera sa vie future.

 

Ce précieux manuscrit de poèmes chargé d’émotion constitue la relation de cette terrifiante expérience.

 

Extraits :

 

...Ma mère c’était bien elle assez bien elle / avec un tablier gorge de pigeon bordée (sic) de velours noir / et un petit lézard de diamant à son corsage / Elle me dit : je viens par le tunnel du rêve / J’ai voulu écouter le canon avec toi / Car cette nuit il y aura une attaque / et moi je disais mais non, mais non / alors elle s’assit près de moi / elle posa ses mains sur moi / et elle était d’une tristesse immense / Elle me dit : Tu sais ton frère a son brevet de pilote / aussitôt / Et j’avais douze ans à la campagne / le soir, dehors, après dîner / mon camarade Charles dit : “il paraît / que les frères Whrit volent” / Maman sourit en cousant / Mon frère Paul toujours incrédule / Et Charles dit : Je serai mort / il y aura une grande guerre / et Paul qui fume la sous ce chêne / Volera et jettera / des bombes la nuit sur des villes…

[alors j’étais avec mon frère en aéroplane / nous volions dans un appareil Nieuport sans moteur / Nous volions a une grande hauteur / au dessus d’un port ou entraient et sortaient les navires...]

 

...[Juste au dessous de nous / il y a maman / elle nous cherche / elle nous cherche sur toute la terre probablement / alors je le suppliai de descendre / mais il disait : nous ne pouvons plus redescendre]

Je me réveille mon bras / tué s’emplit d’eau de Seltz et le songe / Quelle heure est il a-t-on dîné / Le lieutenant me jette un coussin à la tête / mais couche toi donc tu dors debout / Je ne dors pas / Une lame de fond me roule / dans ce faux sommeil / Et je m’accroche / à la barque j’entends des rires / mais une lame de fond / m’emporte / profondément / dans les mers mortes / Alors j’étais avec mon frère en aéroplane (…) Nous volions a une grande, grande hauteur / au dessus d’un port ou entraient et sortaient les navires / Il me dit / Tu vois sur ce bateau / Juste au dessous de nous / il y a maman elle nous cherche / Elle nous cherchera probablement sur toute la terre / Et je le suppliais de descendre / mais il disait : non nous ne pouvons plus redescendre…

 

...Ils dorment tous (…) /  Ils se sont tous remplis comme un bateau fait eau / et soudain flotte à la dérive / Cette épave de couvertures / de genoux de coudes / Ce pied sur mon épaule / le major ronfle aussi (…) /  les obus tombent / sur l’hôtel de ville qu’il fait bon / sous leur bocage / nuit d’étoiles / Ecroulement de planches fusillade / La fusillade tape / de coups de trique secs sur / des planches tout l’horizon / s’écroule...

 

...Cette nuit dans les mines / Une nuit à Nieuport J’ai surpris entendu / le travail du rossignol au clair de lune / Qui donc brait / tousse glousse grogne et coasse / dans l’arbre endormi debout au cloroforme / (…) C’est le rossignol il prépare / son chant d’amour à la rose / a la rose en avril / et je sens ici là non là / cette odeur / mais c’est elle ! C’est la rose ! / Voilà deux ans que je n’ai pas senti de rose / Le rosier viril en boutons / et bientot féminin / concentre / un explosif d’odeur / qui tue les papillons crédules / Prépuces frisés de la rose / indécente / de la chaleur jadis ici / je vois une rose rouge…

 

...Entre les deux poussent / La brousaille de fil de fer où se cabrent (…) / les chevaux de frise. Là / c’est le boulevard où on meurt / Le sol qui tue / Si on y marche / Comme sur le rail rouge du métropolitain (…) / La bande  mixte / plus vide que s’il y a la peste / La nuit on y fait des patrouilles / mais pas / La bande mixte / La zone qui foudroie / car en haut de petits trous / du périscope / l’oeil surveille et se perche (…) seul sur les sacs…

 

...Mais ici la vie est interrompue / Car cette ville calme, cet égoût / étoilé sont moins sûrs / que Véra Cruz pendant la peste / Même / il arrive même qu’un promeneur / n’entende pas gémir l’oiseau / des balles mortes / Et sans rien comprendre il sent sa figure vaporisée avec du chlorure de méthyle / [Et de nouveau la mer / Se posait de tous les côtés / comme une partie d’échecs / autour de notre marche des mille murs du labyrinthe] (…) / [Et de nouveau la nuit / Déplaçait le bruit de la mer / comme un jeu d’échecs / De tous côtés autour de nous / autour des mille / a droite à gauche de mille murs du labyrinthe]...

 

...Capitaine ! - Mon Capitaine ! / Nous allons arriver. Quelle route ! / les Ces trous d’obus ! Le brancard / le brancard défonce la paroi en mesure, impossible / impossible de l’attacher. Mon Capitaine ! / Mon Capitaine ! / J’ai sa main qui sue, ses poils, son bracelet montre / Pitié ! Achevez moi ! Prenez mon révolver ! / Soyez charitable ! On arrive / On arrive / Mon Capitaine, on approche / on ne voit rien dehors. Sa balle Sa balle est dans le ventre. ma femme / ma femme…, il faut / Taisez vous, ne me parlez pas / vous parlerez à l’ambulance / Sortons d’abord de ce chemin / ou les marmites… / Pouf ! Quatre Sa pâleur / éclaire, on voit ses mains sa moustache qui tremble / Calmez vous mon Capitaine / on approche  / où sommes nous ? / À Gronendick. Encore ! / Je ne pourrai jamais / il vaut mieux m’achever / Calmez vous mon Capitaine / a boire ! Il ne faut pas  / il ne faut pas boire. Il saute! Ha je me couche...

 

...Sur ses jambes / pour qu’il ne saute plus dans cet enfer / de ferraille de bois de vaisselle / Gabin ! Ralentissez / Gabin ! Gabin ! Je tape. Il m’entend pas / Qui pourrait on entendre ? / Cet endroit du boyau Caporal Mabillard est traître / On y est vu en biais / Voila deja trois victimes / Bon Dieu ! Quel choc. Il ne dit rien / Il râle, il s’accroche à ma manche / Mon Capitaine, accrochez vous / Cet homme enfant et ces enfants / et les enfants qui sont des hommes / On ne sait plus quoi dire / Je voudrais / le sauver, le tuer, / ma femme / Taisez vous / a Boire / Taisez vous / Mon Capitaine / c’est pour votre bien, il faut guérir / Je vous emmène à l’hopital / dans un lit frais avec des femmes / votre femme Oh ! Quel choc / Je n’en peux plus / Je n’en peux plus...

 

Le Discours du grand sommeil avait été dédié au jeune poète Jean Le Roy, mort aux combats. L’épigraphe indique que ce long poème est “traduit (…) de cette langue morte, de ce pays mort où mes amis sont morts”. Dès lors, la poésie devient une confrontation avec la mort, les pirouettes verbales si singulières de son écriture n’apparaissent que comme des exercices de funambulisme pour masquer le danger permanent de la mort.

Le Discours ne parut pas en volume ; il fut recueilli dans Poésie : 1916-1923 (Gallimard, 1925).

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